Pour cette troisième « interview », je reçois Laurent JEAN alias « Jessy SEO Noob » fondateur d’une agence Web située à Marseille, impliqué dans la communauté SEO, ancien spécialiste Magento/Joomla!, il s’est mis à WordPress et nous explique tout ça dans une interview décontract.

Mister WP

Bienvenue ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

jessyseonoobasciiSalut, je m’appelle

  • Laurent lorsqu’il s’agit de parler de dev ou d’intégration web,
  • et Jessy lorsqu’on parle de SEO.

Je vis à Marseille et j’ai 42 ans (le sens de la vie).

Je suis pas mal bavard sur Twitter avec mon pseudo @jessyseonoob.

Comment as-tu découvert le Web ?

J’ai découvert le web en 1998 à force de voir des kits de connexion CD pour avoir des forfait de « 50h d’Internet ». J’ai voulu savoir comment ça fonctionnait.

À l’époque, il n’y avait rien, Google n’existait pas, et je regrette que ce soit la fin pour Yahoo qui était le point d’entrée sur le web via son annuaire.

On pouvait déjà faire des pages HTML avec Word 6. Vous ne vous rendez pas compte.

À l’époque les animations équivalentes au HTML5 actuel étaient la balise marquee et les gif animés que je faisais avec Microsoft FrontPage Editor.

Ah ah ! 😀 Tu viens de me faire vivre un putain de flash-back dans ma vie. Je défonçais toujours ces fichus forfaits Internet à coup de nuits blanches sur le PC. Ça me coûtait un bras.

Sinon j’hébergeais plein de sites à la con sur Multimania.com, le tout réalisé avec FrontPage.

C’était le bon temps 🙂 et cela nous a appris nos métiers finalement…

D’ailleurs, quel est ton job ?

Depuis 2008, je bosses à mon compte dans ma petite agence web MEDIACREA située à Marseille, j’avais le nom de domaine depuis les années 2000. Ok, je vais faire une refonte bientôt sous WordPress.

Sous-traitant pendant des années pour d’autres agences web, j’ai développé des compétences en e-commerce sur Magento, des compétences en dev Joomla! pour lequel j’ai fait des thèmes sur mesure pour des sites universitaires et même pour le nucléaire (et non je n’y ai plus accès), et les vagues de hack de cette solution m’ont poussé vers WordPress.

D’ailleurs si je peux abuser, j’ai créé un site spécifique E-commerce Marseille pour les futurs commerçants de Marseille, hors de Marseille allez voir Mister WP sans problème 🙂

Vas-y abuse. C’est ton interview 😉

Réaliser un site internet n’est pas une fin en soi, ce n’est que le début. Ensuite il faut que celui-ci vive et j’ai eu besoin de me confronter aux problématiques de SEO, c’est pour cela que j’ai créé le site Love-moi.fr pour parler de ce que Google nous dit, mais surtout des tests que j’ai effectués.

Je participe aussi au concours SEO Hero avec LoveSEO.top. Il y a 50k à gagner. Promis si je gagne, j’offre le champagne à tous ceux qui me font un lien 😉

Ouais. Avec 50k en jeu, ça risque de saigner. En plus tu portes un chapeau noir sur ton avatar. Ça me parait risqué tout ça. Du coup, on va revenir à WordPress si tu veux bien ? 🙂

WordPress

Par sa souplesse et le nombre incroyable de modules rendus disponibles, il peut aujourd’hui combler la plupart des besoins. C’est devenu ma solution préférée que j’utilise perso pour mes sites d’édition, et pour les sites de mes clients.

J’étais un pro Joomla!, car à l’époque c’était la solution qui proposait le plus de modules, mais surtout parce qu’il y avait une vraie séparation entre le code et le design (MVC).

Avec WordPress pas de MVC et je dois dire que parfois c’est assez bordélique de se dire qu’il n’y a qu’un seul fichier functions.php pour tout péter sur un site, ou au contraire l’enrichir de pleins de fonctionnalités (je m’en sers souvent pour créer des shortcodes).

Il ne faut pas hésiter à mettre son code dans un plugin au lieu de functions.php. C’est « plaisir ».

Quelles autres qualités essentielles a ce CMS à tes yeux ?

Avec un bon thème et un bon cahier des charges, on arrive à faire correspondre ce que veut le client avec ce que l’on peut lui proposer. Et le gros avantage, c’est que de base, WordPress est bien calibré pour le SEO, mais avec des plugins comme Yoast, je suis capable de faire quasiment ce que je veux avec.

Niveau SEO, ce qui me prend le plus de temps à optimiser avec WordPress, c’est la hiérarchisation des intertitres <h3>, <h4>, etc. Énormément de thèmes et plugins utilisent ces balises à tort, uniquement pour faire joli au top des widgets, tout ça. C’est lourd.

Peut-on dire de toi que tu es un expert, et plus particulièrement, un expert WP ?

Je ne peux pas m’auto proclamer expert. Je dirais même que je vais beaucoup moins loin avec WordPress que ce que je le faisais avec un Magento où je créais un design de A à Z sans avoir besoin d’un thème.
Un peu de Zen Coding et de LessCSS et j’étais en mesure de pondre un layout rapidement avec toutes les déclinaisons couleurs à changer avec une class CSS.

C’est un peu moins le cas avec WordPress, où je me contente de faire de l’intégration. Mais les concepteurs de pages telles que les « visual composer » ont largement contribué à faciliter le travail, même si je trouve parfois le code bien trop lourd.

D’un autre côté c’est cette expertise que les clients recherchent pour l’optimisation. Donc je ne peux pas dire que je suis un expert mais je connais bien le sujet, je connais les contraintes, et mes limites. En tout cas j’essaie de faire en sorte que les sites aient la meilleure note avec Google PageSpeed Insights. Je suis capable de faire du grade A 98% sur du Magento, et c’est valable avec du WordPress en poussant un peu les optimisations.

Effectivement, pour obtenir un code on-ne-peut-plus léger, il faudrait éviter les « pages builders » WordPress. Il faut faire avec et je pense qu’aujourd’hui, Google connait bien le problème et nous pardonne cela si on propose un bon contenu et qu’on lui envoie d’autres bons signaux.

Après, niveau rapidité du site, on peut obtenir de très bons résultats (PingDom), sans forcément scorer à 100% sur Google PageSpeed. La majorité des thèmes intègrent les fichiers .js dans l’entête du site et ce n’est pas toujours facile d’optimiser cela sans détériorer le fonctionnement du site, surtout s’il utilisent Javascript à fond la caisse. Sans compter que l’intégration de scripts tiers genre, les boutons de partage FB/Twitter et même le code de tracking Google Analytics font baisser la note.

Comment décrirais-tu WordPress en max. 4 mots ?

Customer Ready To Go!

C’est son vrai point fort. On va beaucoup plus vite avec WordPress qu’avec n’importe quelle autre solution, c’est évident.

Quel est le projet professionnel qui te tient le plus à cœur pour cette année 2017 ?

Le projet qui me tient le plus à coeur est le site que j’ai fait pour la journaliste hi-tech Annie Lichtner.

Elle fait partie des seules journalistes françaises à avoir pu interviewer Steve jobs.

Mydigitalweek.com est un agenda des évènements du digital avec des news et des livres blancs sur tout ce qui a trait au numérique : marketing, ecommerce, e-santé.

Le projet a changé plusieurs fois de stratégie pour avoir quelque chose qui fonctionne, et il va y avoir des partenariats avec de gros groupes media qui vont se faire cette année, j’attends le feu vert.

Belle référence.

Steve Jobs, c’est un bonhomme ! Je conseille aux jeunes qui nous lisent et qui ne connaissent pas son histoire de se faire le film Les Pirates de la Silicon Valley.

J’ai envie de faire le lien avec tes débuts en informatique dans les 90′. Sans ce personnage, nous serions loin d’avoir l’informatique que nous connaissons aujourd’hui. L’ordinateur personnel, c’est lui.

Aurais-tu aussi un conseil à donner aux débutants qui nous lisent ?

Ne restez pas débutants 🙂 expérimentez !

Au pire si vous cassez quelque chose, avec le système de révision de WordPress, vous pouvez retourner à l’étape précédente.

Soyez curieux, et n’ayez pas peur de poser des questions.

Je vais vous donner un scoop. Tout le monde a été noob un jour.

Et toi quel est ton projet WordPress pour lequel il y a eu le plus de challenge à développer ?

C’est toi qui m’interview maintenant ? 🙂

Bah. Écoute. Comme on en discutait l’autre jour sur Twitter, pour l’instant je travaille sur une mission de migration d’un site Drupal 5 en WordPress. Il s’agit d’une association qui va devoir gérer les paiements annuels des adhérents, ce genre de choses.

Le site n’avait plus été maintenu depuis 2009 (l’année où je me suis lancé en tant que freelance, merde!).

Il y a une DB de quelques centaines de membres et quelques centaines de fiches professionnelles avec pleins de champs de contenu assez tordus, un calendrier d’évènements. Le mec d’avant avait bien personnalisé son Drupal.

Le site est multilingue en plus, histoire de m’aider un peu.  Je t’assure que ce n’est pas simple à migrer, mais j’adore ce type de challenge. Je commence à maitriser la structure MySQL de WordPress et le codex pour tout ce qui est « import de données », « relations », etc.

Après on va faire évoluer leur plateforme vers un WooCommerce et dynamiser un max. de trucs.

Merci d’avoir accepté mon invitation pour cette interview. Où peut-on te suivre pour la suite ?

Vos commentaires sont très appréciés ci-dessous !

Veuillez cependant respecter les bonnes pratiques de commentaires sur les blogs, sinon votre message s'autodétruira après 10 secondes entre mes mains.

  • Vous devez avoir lu l'article, sinon je m'en rendrais compte, et boom !
  • Vous ne pouvez renseigner aucun mot clé SEO dans le champ "nom" (pseudo, nom de société, pas de souci).
  • Vous pouvez renseigner votre "Site Web", vous aurez un lien dofollow, je suis gentil. Par contre, gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un lien qui sert à vous identifier en tant qu'individu (site de votre société, votre blog perso, votre chef d'œuvre WordPress...). Je refuse donc : les sites de vos clients, les pages internes que vous peinez à booster, les MFAs sans intérêt, les serruriers, rachats de crédits et autres saloperies.
  • Vous devez avoir un avis sur le sujet abordé (même contradictoire) ou au moins poser une question pertinente. Si vous souhaitez juste me montrer votre gratitude éternelle, faites-le avec un retweet ou un partage Facebook. Donc pas de "merci très bel article" qui n'apporte rien.

À vos plumes !